Enfin la direction de France Télévisions dit clairement les choses ! Depuis six mois, la CGT ne cesse de le répéter : le compte n’y est pas ! Le Président de France télévisions a enfin eu, ce jour, le langage de la clarté. Il a enfin dit tout haut ce que tout le monde, acteurs du secteur audiovisuel, politiques de tous bords, y compris ceux de l’UMP, téléspectateurs de plus en plus nombreux pensent: le compte n’y est pas !
Patrick de Carolis : « je crois qu’il est temps de dire que la télévision, c’est un métier, qui est fait par des professionnels, qui répond à des règles, à des processus industriels parfois, et qu’il est bon qu’on laisse travailler les professionnels. » Oui M. le président, nous souscrivons à ces propos. Ce dont a besoin FTV pour sa réforme, c’est de professionnels et pas d’amateurs en mal de pouvoir médiatique, pas d’un pouvoir politique concoctant un mécano industriel aux contours indéfinis.
Les arbitrages du président de la république, accélérant la mise en oeuvre de la réforme au 1er janvier 2009, précipitent le groupe France Télévisions dans une crise financière et sociale majeure. Les pistes évoquées par la commission Copé puis par le président de la République ne permettent pas de garantir le maintien du périmètre du service public et encore moins son développement.
Le niveau de compensation de la recette publicitaire est largement insuffisant, il manque au moins 300 Millions par an, en admettant que les taxes sur les FAI et les télécoms
soient acceptées par Bruxelles. Les ressources attendues de la diversification sont largement surestimées. Rien n’est prévu pour les programmes de comblement ni pour le développement de l’entreprise. Les 150 Millions de dotation en capital, « pour solde de tout compte », ne suffiront pas pour 2008, surtout si de nouveaux cadeaux au privé comme la deuxième coupure, sont faits à la rentrée de septembre.
Tout cela les élus du CCE de France 3 et ceux du comité de groupe FTV l’ont dit et répété au PDG le 30 juin et le 1er juillet. Et aujourd’hui, PDC sort enfin du bois.
Dans ces circonstances, les déclarations de Patrick de Carolis, nous paraissent entièrement justifiées. Il est stupide de prétendre qu’il n’y a pas de différence entre le public et le privé. Il est mensonger de faire croire que la suppression de la pub est compensée. Il n’est pas acceptable que le pouvoir politique s’immisce dans les grilles de programmes. Il est choquant que l’exécutif reprenne ainsi la main sur la nomination des PDG.
Nous ne laisserons pas le pouvoir politique s’improviser directeur des programmes d’un service public sinistré. Mais ce débat ne doit pas occulter le problème fondamental du financement.
Aujourd’hui, le roi est nu, aucune recette de compensation crédible n’a été élaborée à la suppression de la publicité.
snrt cgt france 3 |